|
La Bible en Suisse |
||||||||||||
|
Bible > La Bible en Suisse Il est frappant de constater que la Bible a exercé dans notre pays une influence non seulement religieuse mais aussi culturelle. Les moines qui copiaient et illustraient minutieusement la Bible le faisaient certes pour la gloire de Dieu, mais l'influence de leurs précieux manuscrits et miniatures sur le simple peuple était un aspect tout aussi important de leur œuvre. Grâce à eux, les hommes entraient en contact avec le monde de la pensée biblique. La sagesse de la Bible pouvait être transmise de façon imagée même à ceux qui ne savaient pas lire, et leur donnait une ligne de conduite dans l'existence. Il existe de nombreux exemples de manuscrits bibliques qui virent le jour dans les différents monastères de la Suisse. L'invention de l'imprimerie contribua à diffuser la Bible, traduite dans les langues vernaculaires, et fit faire un pas supplémentaire dans la popularisation de la Bonne Nouvelle. La Bible devint un manuel de lecture, en usage dans les écoles. Cependant, les textes bibliques, même traduits dans la langue du lecteur, restaient fort difficiles à comprendre. Cette difficulté est mise en évidence par les glossaires que l'imprimeur bâlois Adam Petri joignit à la deuxième édition du Nouveau Testament dans la traduction de Martin Luther (1523). Les dialectes ne pouvaient être confondus les uns avec les autres. L'allemand de Luther, issu directement de la langue de ses contemporains n'était pas l'allemand de la Suisse alémanique. C'est pourquoi il fallait expliquer de nombreux termes, qui trouvèrent par ailleurs une certaine assimilation dans le dialecte suisse-allemand. Un échange culturel s'opéra, le dialecte s'enrichit d'expressions issues de la Bible. L'influence qui en résulta sur les différentes traductions de la Bible est abondamment illustrée par l'histoire de la traduction de la Bible de Zurich, qui balança en permanence entre un vocabulaire plutôt alémanique et un vocabulaire haut-allemand. Cette évolution n'est pas seulement sensible en Suisse alémanique, on peut la retrouver aussi pour le français et l'italien. Pour le rhéto-roman, la Bible fut même un facteur culturel important, car elle constitua souvent la première rencontre des gens avec leur langue écrite. Les histoires bibliques reflétaient la vie du peuple et étaient riches d'enseignement. On retrouve ainsi l'influence de la pensée biblique dans les us et coutumes et dans la littérature du monde entier. Le but des traducteurs était d'abord de mettre l'Evangile, la Parole de Dieu, à la portée de tous. Ils rencontraient de nombreux obstacles dans cette tâche qu'ils remplissaient quelquefois au péril de leur vie. L'évolution observée aus 17ème et 18ème siècles montre que c'est seulement à cette époque que la Bible commença à être parlante pour beaucoup. La variété des langues en Suisse et son indépendance relative s'avérèrent positives. Ainsi, maintes traductions et impressions - par exemple en italien - n'étaient possibles qu'ici, la diffusion de la Bible dans le pays d'origine de la langue étant souvent encore interdite.
|